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Publié par Mamanwhatelse

Jeudi matin, sous le coup de l'émotion, je vous avais imploré de ne pas vous taire, de ne pas avoir peur.
J'étais forte, nous étions fortes, ensemble nous étions plus fort qu'eux.

Et puis vendredi 13h, mon monde s'est écroulé. Au bout de ma rue, aux portes de ma ville, dans mon environnement quotidien, des gens étaient menacés, pris en otage. Le quartier était bouclé, les hélicos tournaient au-dessus de nos têtes dans un bruit assourdissant, partout des policiers armés, les magasins fermaient leur rideaux de fer, les rues étaient désertes...

Et la peur est arrivée. Pas pour moi, oh non, mais pour les enfants, mes enfants, à l'école, pas loin de cette scène de guerre.
Que faire? Impossible de joindre l'école, standard saturé, tout comme mon portable qui n'arrêtait pas de sonner, avec au bout du fil des mamans inquiètes, se demandant comment récupérer leurs enfants.
Au bout de 2h d'angoisse, le mail est tombé : on pouvait venir les chercher quand on voulait.
Que faire alors?
Les laisser en sécurité à l'école ou prendre le risque de se promener dans les rues avec eux pour rentrer à la maison?
Les chercher à l'heure habituelle ou les récupérer en plein milieu d'après-midi avec le risque de leur générer de l'inquiétude et du stress supplémentaire du fait de cette situation exceptionnelle?
A force de tergiverser avec Papawhatelse (heureusement il était là sinon je serais devenue folle d'angoisse seule à la maison), nous avons décidé à 15h45 d'aller les chercher : les rues étaient sécurisées et ils auraient pu se demander pourquoi leurs copains rentraient avec leurs parents et pas eux.

Quand ils sont arrivés à la maison (Papawhatelse m'avait quand même interdit de sortir avec Sweet A.), je ne me suis pas précipitée sur eux, je ne les ai pas serrés fort dans mes bras. 
J'en ai eu envie pourtant, mais je me suis retenue.
Pourquoi leur transmettre mon angoisse et ma peur? Pourquoi leur montrer que la situation était terrible, eux qui riaient gentiment avec leurs amis (on a fait garderie à la maison en accueillant les enfants des copains le temps qu'ils puissent se frayer un chemin pour rentrer)?
Mister E. a posé beaucoup de questions. Il a cherché des confirmations. La maitresse leur en avait visiblement parlé, avec des mots justes et simples sans toutefois les inquiéter. Ne pas leur mentir, leur raconter la vérité sans entrer dans les détails, c'était parfait pour mon 6 ans et demi qui commence à comprendre.
Et puis un goûter, une partie de Mario Kart sur la console et ce qui s'était passé était déjà loin pour lui.
Little B. non plus n'a pas vraiment été traumatisé. Cet enfant vit dans un monde de Bisounours, et c'est tant mieux. A 4 ans et demi, on n'a pas besoin de connaitre la peur et le danger.

Hier, nous ne sommes pas allés marcher. Moi peur de la foule, Papawhatelse trouvant que ça n'était pas forcément la place d'enfants si jeunes (on aurait été en Province cela aurait été différent, mais à Paris ce rassemblement avait pris une autre dimension) mais ça n'est pas pour autant que nous n'étions pas rassemblés chez nous.
On a regardé à la télé avec Mister E. tous ces gens réunis autour d'un même message, d'une même idée. Tout l'après-midi, nous avons été scotché devant notre écran, captivés comme hypnotisés. Et forcément nous avons reparlé de ce qui était arrivé.
Little B. a compris que des dessinateurs étaient partis au ciel parce que quelqu'un n'avait pas aimé leurs dessins.
Mister E. a compris que ces dessins étaient moqueurs et que c'est pour cette raison que les gens ne les avaient pas aimés.
Tous les 2 ont compris qu'on n'avait pas le droit de tuer parce qu'on n'était pas d'accord avec quelqu'un mais que chacun avait le droit de s'exprimer.

Touchée mais pas coulée

Je ne pensais pas être confrontée aussi tôt à décrypter l'actualité avec mes enfants. Ces évènements m'ont fait comprendre qu'ils étaient des éponges, qu'ils enregistraient tout et qu'il était vraiment important d'en discuter avec eux, même 5 minutes, même et surtout avec des mots simples. Ils peuvent tout comprendre à partir du moment où on leur explique.

Touchée mais pas coulée

Ces 5 derniers jours m'ont complètement anesthésiés l'esprit. Je me suis sentie vidée, lessivée.
Je n'avais plus envie de rien : ni de parler, ni d'écrire... j'étais muette comme en état de choc.
Aujourd'hui je relève un peu la tête, même si j'ai l'impression que tout est futile autour de moi, que je brasse de l'air.
La vie reprend doucement son cours. Il faudra du temps pour que je retrouve ma sérénité.

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Ma poussette à Paris 12/01/2015 21:05

Comme cette journée a dû vous paraitre longue.
Courage pour retrouver ta sérénité.
Bisous

lanabc 12/01/2015 20:29

Tes mots expriment ce que j'ai ressenti jeudi parce que c'était pas loin de chez moi. Encore plus près de chez ma nounou où était ma fille. Mon fils a été confiné mais moi ça m'a plutôt rassuré peut être parce que je suis instit et que je sais ce que ça veut dire, une mise à l'abri des enfants... Je suis comme toi vidée, d'avoir passé tout ce temps devant BFM folle d'angoisse.

pepette 12/01/2015 16:47

Je n'ose imaginer comment j'aurais réagi à ta place... quelle angoisse et que de questions vis à vis des enfants... effectivement, comment ne pas leur transmettre nos peurs.
Pour nous Biboun R du haut de ses 5ans n'a pas compris et je n'ai pas voulu lui en parlé de trop... pas de télé quand il etait dans le coin pour le préserver lui qui fait facilement des cauchemars...
Mais si ca avait été au bout de notre rue... qu'aurais-je fait?

Bref, j ete souhaite de retrouver ta sérénité et merci pour ce belle article
Biz

Mumpoulette 12/01/2015 14:35

Super article comme toujours. Tu résume très bien la situation. J'ai anguoissé pour vous tout le long de cette terrible journée. Bises

Hélène 12/01/2015 13:43

Bonjour, en regardant les photos sur Instagram vendredi ( photos des mm's), je me suis dit que c'était hallucinant ce qui vous était arrivé.

En lisant ce billet aujourd'hui, j'en ai pleuré. J'imagine votre angoisse, je ne peux savoir dans quel état j'aurai été à votre place, et je suis heureuse de savoir que les enfants se portent bien et n'ont pas été tellement inquiété par cet environnement.

Bon courage pour "la reprise"

MeZéMaMaLo 12/01/2015 13:01

Bravo à vous, les parents Whatelse !! vous avez gérer à merveille une situation qui je l'espère ne se reproduira pas de sitôt...ma -Zé- de 4 ans et demi, elle est restée dans son monde à elle, celui des princes et des princesses !!! et j'ai bien eu envie de la rejoindre.... Bisous doux

Marina 12/01/2015 12:20

Bravo !!!
Je partage ton article avec ce paragraphe qui me semble vraiment important !!!
"Je ne pensais pas être confrontée aussi tôt à décrypter l'actualité avec mes enfants. Ces évènements m'ont fait comprendre qu'ils étaient des éponges, qu'ils enregistraient tout et qu'il était vraiment important d'en discuter avec eux, même 5 minutes, même et surtout avec des mots simples. Ils peuvent tout comprendre à partir du moment où on leur explique."
Car c'est comme çà que je fonctionne avec mes enfants, ne pas parler dans leur dos, et leur dire les choses avec des mots simples. çà évité qu'ils se fassent des idées !

Une femme 12/01/2015 10:38

Bonjour, bravo pour cette belle analyse. On se sent fort mais nous sommes vite fragilisés aussi et c'est beau de le reconnaître. Vos tweets vendredi m'ont bouleversé, mais je n'ai pas trouvé de mots assez justes pour vous réconforter de loin, la boule présente dans mon ventre depuis mercredi faisait 2x plus mal en pensant à vous, en m'imaginant dans la même situation.

Comme nous tous et à chaque fois qu'un drame se produit, ce qui est précieux pour nous le devient encore un peu plus et le reste n'est que futilité. On se dit aussi à chaque fois qu'on doit profiter des choses vraies au maximum...et puis la routine se réinstalle, avec ses bons côtés et ses moins bons.

Alors je vous (nous) souhaite de retrouver votre sérénité au plus vite, certainement, pour que celà vous permette de continuer à vivre pour l'essentiel.